Le danger invisible qui guette vos sorties trail ce printemps

Un danger qu’on ne voit pas venir : les chenilles processionnaires

Je me souviens encore de ce dimanche matin de mars, dans le massif des Maures. L’air était doux, les oiseaux chantaient, et la lumière caressait les aiguilles des pins maritimes. Je courais seule, un de ces footings longs où l’on laisse vagabonder ses pensées, bercée par le bruit régulier de mes foulées. Et puis, dans une clairière, mon mollet s’est mis à démanger violemment. Puis une seconde tache rouge, cette fois sur le poignet… Quelques heures plus tard, le verdict est tombé : réaction urticarienne causée par des poils de chenilles processionnaires.

Ce que j’ignorais à l’époque, c’est que ces petites créatures apparemment inoffensives, formant des colonnes lentes et hypnotiques sur les troncs d’arbres ou les sols forestiers, sont en réalité de vraies bombes allergènes pour les traileurs.

Ces chenilles, tout droit sorties du cocon blanc qu’elles tissent dans les pins ou les chênes, libèrent dans l'air des milliers de poils microscopiques. Invisibles à l’œil nu, ils s’accrochent à votre peau, s’infiltrent dans vos yeux, vos voies respiratoires. Leurs toxines peuvent provoquer des démangeaisons féroces, des toux sèches ou, pire encore, des œdèmes et des réactions allergiques graves. Ce ne sont donc pas de simples insectes saisonniers : ce sont des ennemis silencieux, un peu comme des ronces invisibles mais bien plus dangereuses.
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Une menace négligée par notre communauté de coureurs

Entre mars et juin, au moment où les chenilles descendent de leurs nids pour se nicher dans le sol, nous, les mordus de nature, de boue, de monotraces escarpées, courons en plein dans leur territoire. Dans les forêts méditerranéennes, en Provence comme dans les Landes, elles sont partout. Et pourtant, rares sont ceux d’entre nous qui prennent pleinement conscience du danger.

Il faut comprendre que ce n’est pas uniquement une affaire de contact direct : même les poils en suspension dans l’air sont à redouter. Nos mouvements de course créent des brassages d’air, et par temps sec ou venteux, la probabilité d’en respirer augmente de manière significative. Sur un ultra printanier dans le sud de la France, plusieurs coureurs m’ont confié avoir eu des yeux injectés de sang, des démangeaisons jusqu’au cou, certains même des débuts de conjonctivite. À l’époque, on accusait la poussière. Avec du recul, c’était probablement ces chenilles.

Le problème, c’est que ces incidents restent trop souvent banalisés. On ne fait pas le lien tout de suite entre un simple trail du dimanche et une toux sèche qui persiste. On pense à une allergie de saison, à de la fatigue. Pourtant, la cause est là, tapie dans les arbres. Et cette réalité ne fera que s’amplifier avec le réchauffement climatique qui étend leur territoire de plus en plus au nord.

S'en protéger : gestes simples, réflexes précieux

Comme souvent, la meilleure arme reste la prévention. Avant de partir courir, renseignez-vous : des communes publient des alertes sur la processionnaire, notamment en région PACA. Certains tronçons sont balisés, des panneaux signalent leur présence. Si vous voyez des cocons blancs sur les branches, ou pire, une file de chenilles au sol, changez d’itinéraire. Ce n’est pas du zèle, c’est du bon sens.

Équipez-vous intelligemment. Cela ne veut pas dire courir en combinaison étanche, mais un legging long, des manches, des lunettes de sport enveloppantes et, si vous êtes sensible, un tour de cou pouvant faire office de filtre pour les narines peuvent réellement limiter les risques. Et si vous revenez d’un sentier suspect, ayez le réflexe de la douche immédiate et de laver vos habits à part.

Et surtout, en cas de contact, résistez à l’envie de gratter. Rincez abondamment à l’eau claire – jamais chaude, elle libérerait plus de toxines –, et surveillez votre état. Si les muqueuses sont touchées, si la respiration devient difficile, pas d’hésitation : médecin ou urgences. Il ne faut pas prendre ces réactions à la légère.
Plus nous serons nombreux à connaître cette menace, plus nous pourrons courir en confiance dans nos forêts. Les chenilles processionnaires ne sont pas une fatalité, mais une réalité qu'il faut apprendre à prendre au sérieux. En partageant ces informations, nous protégeons non seulement nos foulées, mais aussi nos proches, nos enfants, nos chiens, tous ceux qui partagent avec nous l’amour profond des sentiers. Courir libre, c’est aussi courir informé.

Audrey
Audrey
Audrey est adoratrice du trail. Elle pratique depuis plus de 10 ans maintenant plus pour l'amour de la nature que pour la compétition. Elle a finit 2 fois le Grand Raid en moins de 40h.

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