Quand les bonbons deviennent carburant : plongée dans l'univers sucré de Courtney Dauwalter

Quiconque a déjà mis un dossard en trail, ne serait-ce qu’une fois, connaît la sensation de ce **crissement subtil dans la gorge**, quand sucre et sueur se mélangent au goût métallique de l’effort extrême. Pourtant, rares sont ceux qui oseraient penser à emporter… des bonbons. Et pourtant, avec l’aisance d’un enfant devant un stand Haribo, la légendaire Courtney Dauwalter déballe ses sachets de sour patch kids, ces petites douceurs acidulées comme si elle préparait une sortie scolaire plutôt qu’un ultra de 160 kilomètres.
Oui, vous avez bien lu : 250 bonbons engloutis lors d’un ultra-trail. Ni plus ni moins. Alors que la plupart des coureurs suent sur des stratégies nutritionnelles calculées au gramme près, la reine de l’ultra court avec une poignée de bonbons au creux de la main. Mais comment est-ce possible ?
Courtney, c’est cette athlète hors-norme qui casse les codes, brise les certitudes et court… avec le sourire. Triple vainqueure légendaire du trio UTMB – Hardrock – Western States, elle méprise les dogmes en préférant l’instinct à la science. Comme si la performance ultime pouvait se conjuguer avec liberté, plaisir… et un palais d’enfant.
Manger selon ses envies : une philosophie de vie en trail
Il y a chez Courtney une approche presque lumineuse de la course : quand d’autres s’enferment dans des plans d’alimentation gravés dans le marbre, elle écoute son corps comme un chef écoute sa musique. Durant ses ultras, elle compose : un gel ici, une gorgée de boisson sucrée là, et surtout, une farandole de bonbons pour maintenir l'envie ferme d’avancer. Ce n’est pas de l’improvisation hasardeuse, c’est une symphonie intuitive.
Dans un monde du trail où la majorité d’entre nous redoute la fringale de fin de course autant que la crampe à trente bornes de l’arrivée, cette approche “à la sensation” détonne. Mais si l'on y pense bien, n'est-ce pas là une forme extrême d'expérience et de connaissance de soi ? Quand on voit ses chronos, sa foulée posée, son regard toujours habité par la joie et la maîtrise, on est forcé de constater que ça fonctionne.
J’ai souvenir d’un ultra où, après avoir avalé machinalement une cinquième barre énergétique à peine tiède, une amie m’a tendu une poignée de fraises Tagada. Par réflexe, j’ai refusé. Aujourd’hui, je repense souvent à ce moment. Et si, à travers ce pari sucré, se cachait une vérité simple : en ultra, le plaisir pourrait bien être le carburant le plus durable ?
Briser les règles pour mieux inspirer
Ce qui fascine chez Courtney, c’est que son style ne s’arrête pas à l’alimentation. Sa façon de courir, son short baggy toujours trop grand, sa manière de rire en montée – tout casse les codes traditionnels de la compétition moderne. Alors qu’on nous pousse de plus en plus vers la performance mesurée, encadrée, optimisée à l’extrême, elle réintroduit l’humain dans la pratique, avec toute sa légèreté.
Imaginez un instant un musicien jouant un concerto de violon sans lire sa partition, simplement guidé par l’émotion. Courtney, c’est un peu ça. Elle court comme on improvise un solo de jazz : parfois chaotique, souvent génial, toujours juste.
Qu’elle gagne ou pas (mais souvent, elle gagne), elle laisse dans son sillage une impression de liberté farouche. Et ses bonbons ne sont pas anecdotiques : ils sont le symbole croustillant de cette rébellion bienveillante. Ils nous disent qu’on peut s’écouter, qu’on peut courir pour soi, avec ses propres règles. Et surtout : qu’on peut trouver la force sans forcément aller la chercher dans une fiole à 4,90 € pièce.
Et si Courtney avait tout compris ? Et si, au-delà des plans de nutrition calibrés au millième, l’écoute intérieure, l’intuition et – disons-le franchement – le plaisir pur, étaient la clé d’un trail durable et joyeux ? Bien sûr, son modèle ne s’applique pas à tous. Chacun son corps, son métabolisme, ses envies. Mais son message porte au-delà de la performance : osez vous écouter, osez prendre du plaisir, même quand la pente grimpe. Qui sait ? Peut-être que dans le sachet de bonbons poussiéreux au fond de votre sac, se cache la prochaine victoire. N’hésitez pas à me raconter en commentaire : et vous, vous avez déjà tenté le trail sucré ?

